Nature et Objet de la Religion 

Un Célèbre incrédule de notre temps a dit : Si diverses que puissent être les opinions des hommes sur  beaucoup de points, ils sont néanmoins tous d’accord pour reconnaître que le besoin de religion est la plus noble et la plus haute prérogative de l’intelligence humaine.

 

st-ce un sentiment ? Un sentiment très élevé, mais plus ou moins vague ? Est-ce un instinct, un simple besoin naturel du cœur ?Non. Si la religion n’était que cela et ne commençait par bien établir et déterminer avec précision son objet, elle ne serait en réalité qu’un vain rêve indigne de se proposer à la raison, et tout homme de bon sens devrait s’en détourner avec dédain.

 

La religion, par sa nature, a pour objet une réalité positive, placée, il est vrai, au-dessus de nos sens, mais bien plus capable de nous apprendre à régler notre vie que les réalités qui tombent sous nos sens. La religion prend sa source dans la connaissance de Dieu, qui, de toutes parts, s’impose à notre raison. C’est une disposition de la volonté, basée sur une conviction profonde et une science certaine, par laquelle, pleine d’une filiale confiance en son Dieu, l’homme reconnaît qu’il dépend de lui seul, et proteste qu’il a résolu d’obéir avec amour à ce Dieu de toute sainteté de toute justice, infiniment grand, infiniment digne d’être aimé,  Créateur et souverain maître de toutes choses.

Dieu existe, il est près de vous. Le ciel étoilé qui brille sur votre tête, la voix de la conscience qui parle au dedans de vous sont les preuves de son existence.

 

« Le ciel étoilé proclame son existence et sa grandeur. A l’ignorant comme au savant « les cieux racontent la gloire de Dieu ». L’esprit le moins prompt, mais droit, reconnaît à première vue combien il est absurde de supposer « que cette horloge marche et n’ait pas d’horloger » (Voltaire). On peut prouver l’existence de Dieu de plusieurs façons :

  • soit par l’ordre que nous constatons dans le monde, et qui ne s’explique que par un organisateur infiniment sage ;

  • soit par la contingence des être que nous voyons commencer, changer et disparaître, et qui supposent l’existence d’une cause première dont ils dépendent ;

  • soit par le mouvement que nous constatons et qui ne peut avoir en lui-même sa raison d’être ;

  • soit par la seule présence autour de nous d’êtres vivants, de l’ordre végétal ou de l’ordre animal, que nous voyons naître et mourir.

 

Développons un peu cette dernière preuve.


Tout être vivant a reçu d’un autre cette forme particulière de mouvement qui s’appelle la vie ; le végétal provient d’un végétal, l’animal, d’un autre animal ; c’est là une loi d’observation constante, confirmée par la science.En remontant la série ascendante des êtres vivants, il faut bien qu’on arrive a un premier être qui n’a pas reçu la vie d’un autre, mais qui est la cause intelligente et puissante par laquelle la vie a commencé, selon les lois duquel elle continue à se transmettre.

Et c’est en vain qu’on supposerait une série indéfinie d’ascendants vivants se reproduisant les uns les autres, car si aucun des individus de la série n’a en lui même la raison dernière de son existence, la série ne l’aura pas davantage. S’il nous arrivait de voir se balancer dans les airs les derniers anneaux d’une chaîne fort longue dont le sommet échappe à notre vue, ce serait une explication pitoyable de dire qu’il n’existe ni support à cette chaîne, ni même de premier anneau, mais que les anneaux se tiennent suspendus dans les airs simplement parce que la chaîne est infiniment longue.

 

La question de l’origine de la vie est le cauchemar de l’athéisme. « il faut opter, dit Virchow,  entre la génération spontanée ou la création ; mais personne n’a vu une production spontanée en matière organique. Ce ne sont pas les théologiens, ce sont les savants qui la repoussent. » (Rev. Scientif. 18 Déc. 1877). De fait l’hypothèse des générations spontanées est abandonnée de tous les savants. Pasteur a donné sur ce point la conclusion définitive de la science. La Géologie, elle aussi, montre comme un fait incontestable que les conditions par lesquelles a passé autrefois notre globe sont incompatibles avec l’existence de l’organisme le plus élémentaire. Elle prouve qu’il fut un temps (certains savants évaluent à plus de 100 000 degrés la température de la terre lorsqu’elle était en ignition) où aucune plante, aucun animal ne pouvait exister.

 

On peut encore tirer une preuve de l’existence de Dieu de ce fait que, partout où les hommes ont formé des sociétés, ils ont reconnu l’existence d’un être suprême duquel tout procède et dont tout dépend. Sans doute ce noyau de vérité a été souvent mêlé aux erreurs les plus grossières, on n’en est pas moins frappé de l’unanimité avec laquelle les hommes de tous les temps et de tous les pays le proclament. Une pareille croyance n’est explicable que si elle repose sur la vérité.

Enfin il y a un autre fait qui frappe nombre d’esprits loyaux et perspicaces, et qui les achemine vers la croyance en Dieu : c’est l’impossibilité de fonder une morale sans  Dieu, de maintenir dans une société qui ne croit plus en Dieu l’ordre et la justice.

 

Que peuvent en effet, et la crainte des lois humaines, et les avertissements les plus clairs de la conscience, et les plus magnifiques principes de solidarité humaine sur un esprit qui ne croit pas à l’existence d’un juge souverain, maître de l’éternité pour punir les récompenser ?

 

En chacun de nous, la conscience porte des jugements sur la valeur morale de nos actions ; Elle se contente de proclamer la convenance de certaines  vertus,  comme la politesse,  tandis qu’elle commande un impérieusement certains actes, comme de respecter le bien d’autrui, d’honorer sa mère, de garder la foi jurée. Il ne s’agit plus là de simple convenance d’honnêteté,  mais d’obligation au sens strict du mot ; ici tout le monde est d’accord. Mais qu’on aille au fond de cette idée d’obligation, et bien vite on se rendra compte il n’en subsiste rien, qu’elle perd toute sa force, tout ce qui lui donne prise sur notre volonté pour la maintenir dans le devoir, si elle ne se ramène pas en dernière analyse à la connaissance d’un maître souverain qui veut l’observation de la loi morale et la procure efficacement par la crainte de ses sanctions éternelles. C’est là le seul élément qui puisse fonder un jugement aussi absolu que celui du devoir. Fondée ailleurs que sur Dieu, l’obligation n’est plus qu’un vain mot, une ombre d’elle-même, incapable de contrebalancer le poids de l’intérêt personnel, les violences de la passion ou les séductions du plaisir.

 

L’expérience ne confirme que trop cette vérité. A mesure que la croyance en Dieu disparaît, la moralité baisse, et c’est avec surprise qu’on voit des hommes intelligents s’étonner de la fréquence du vol, du suicide, des attentats les plus criminels parmi les adolescents eux-mêmes. Qu’on recherche quelle fut leur éducation : on constatera que, la plupart du temps, ils ont reçu une éducation sans Dieu ; dès lors, le frein leur a manqué qui, seul, pouvait les maintenir dans le devoir.

 

Beaucoup d’hommes sont ainsi faits (et il n’en faut pas beaucoup de tels dans une société, pour troubler l’ordre et la paix, voire même pour rendre la vie intolérable aux autres) que, seule, la crainte d’un mal redoutable les empêche de s’approprier le bien d’autrui, de respecter l’honneur, la famille, les droits les plus sacrés, la vie même du prochain.

 

Le souci de la réputation, la peur du gendarme retiennent souvent sur la pente du crime, mais ces motifs deviennent insuffisants, en nombre de circonstances où l’impunité et le secret sont assurés ; seules alor, la croyance en Dieu et la crainte des châtiments éternels restent efficaces.

 

Qu’on y réfléchisse bien : si Dieu n’était pas, il n’y aurait ni droit ni morale. Les jugements des hommes changeraient suivant leurs folies et leurs passions. Seule, la croyance en Dieu est capable de faire régner sur terre la justice et le droit ; effacez-la, et bientôt vous verrez les hommes s’entr’égorger pour un peu d’or ou pour la satisfaction de n’importe quelle passion. « Sans la justice, a dit saint Augustin, les États ne sont que de vastes repaires de brigands . »

 

Tout homme se sent obligé, au fond de sa conscience, de régler sa vie d’après cette grande vérité et de s’avouer sa dépendance essentielle par rapport à Dieu.

 

 

A son tour, la révélation, que l’homme a appelée de ses vœux depuis les temps les plus reculés, et qui est le fait le mieux établi et le point central de l’histoire, impose à l’homme l’obligation d’adhérer par son intelligence à toutes les vérités qu’elle lui propose, d’accomplir avec fidélité et point pour point tous les ordres de son Créateur, de profiter des moyens des grâces que Dieu met à sa disposition pour son salut, en un mot, d’avoir de la religion.

 

La révélation s’appuie sur le témoignage de Dieu même. Dieu a, pour ainsi dire, écrit ce témoignage de sa main et l’a signé par de nombreux miracles et par les prophéties.

 

Il a voulu néanmoins que ces preuves si évidentes fussent de telle nature, qu’elles laissassent à l’orgueil la possibilité de les méconnaitre. En eux-mêmes, les miracles et les prophéties, signes sensibles de la toute-puissance et de l’omniscience de Dieu, sont les preuves évidentes, sûres, à la portée de tous, de la divinité de la révélation.

 

 

Un fait dont la cause ne nous est pas connue, n’est pas, pour cela seul, un miracle. Le miracle est un événement extraordinaire, tombant sous nos sens, qui ou bien n’a pas été produit par les forces de la nature, ou bien n’est pas la résultante exclusive de leur activité propre. Le miracle est donc un fait déterminé par une intervention de la toute-puissance divine, soit qu’elle agisse entièrement en dehors des forces naturelles en présence, soit qu’elle se contente d’en modifier souverainement l’activité propre. Comme un souverain sage a parfois de bonnes raisons pour suspendre, par exception, le cours oridnaire et l’application des lois, ainsi Dieu a parfois des raisons supérieures d’interrompre exceptionnellement les lois que lui-même a données à la nature : c’est le miracle.

 

Mais pouvons-nous toujours reconnaître et attester les miracles ? Sans aucun doute : nous connaissons assez les forces de la nature pour savoir en beaucoup de cas ce qu’elles sont incapables de produire. Allez annoncez ce que vous avez vu et entendu : Que les aveugles voient, que les boiteux marchent, que les lépreux sont purifiés, que les sourds entendent, que les morts ressuscitent et que l’Evangile est prêché aux pauvres 1.

 

Nous n’avons pas été nous-mêmes témoins des miracles de Jésus-Christ, mais le Christianisme n’est-il pas aujourd’hui devant nous ? Son existence, son influence, sa vie à travers les siècles, ne sont-elles pas, pour tout homme qui réfléchit, un miracle permanent, d’autant plus évident qu’on met davantage en doute l’authenticité des miracles qui l’ont fondé ? C’est bien assez pour se décider à croire. Dieu, qui ne fait jamais rien d’inutile, ne produit pas de miracles sans nécessité ; c’est pourquoi, après avoir satisfait aux exigences de notre esprit qui réclame une foi raisonnable il a laissé l’homme à la liberté de son jugement et à sa propre responsabilité.
 

Parmi les miracles opérés par Dieu pour confirmer la vérité chrétienne, la résurrection de Jésus-Christ occupe la première place.

 

Dès le commencement et du vivant même des nombreux fidèles auxquels Jésus ressuscité était apparu, la prédication apostolique roulait tout entière sur ces deux grands faits : la mort et la résurrection du Sauveur. Les Apôtres les considéraient comme les deux pôles, les deux fermes assises du Christianisme naissant. En effet, la religion chrétienne, son action civilisatrice et toutes les bénédictions qu’elle a apportées au monde, reposent uniquement sur la réalité, l’authenticité de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Or ces faits sont incontestables ; les premiers chrétiens avaient été pour ainsi dire contrains d’en reconnaître le caractère miraculeux, et d’avouer que ce même Jésus, crucifié et mis au tombeau comme un vil malfaiteur, était ressuscité plein de gloire le troisième jour. Une multitude de croyants, convertis par l’évidence, crurent à leur témoignage, acceptèrent la doctrine de Jésus-Christ tout entière, la sublimité de ses mystères et l’austérité de sa morale, et donnèrent leur vie pour attester leur foi, de sorte qu’on ne peut les soupçonner d’avoir été entraînés par des motifs d’intérêt personnel.

 

Par le miracle de la résurrection, Dieu nous signifie que Jésus-Christ est bien réellement son porte-parole. Dieu s’est manifesté aux hommes dans la personne de Jésus-Christ, il en résulte que la religion chrétienne est la seule capable d’accomplir cette union vivante de l’homme avec son Créateur qui naît de la foi, de l’amour et de la grâce, et se maintient par la fidèle observation des commandements de Dieu.

 

Quiconque soutient que la religion n’est qu’une affaire de sentiment, une sublime chimère, et que la foi et le service de Dieu importent peu, est donc dans une déplorable erreur. C’est vouloir que l’homme, en dépit du témoignage de sa conscience, vive dans l’oubli du plus sacré des devoirs, et c’est prétendre que l’humanité qui croit et adore n’est qu’un troupeau d’hypocrites ou une multitude d’insensés.

 

 

I. Mais qu’est-ce que la religion ?

E

 

II. La religion doit-elle être purement intérieure ?

L’homme étant composé d’une âme et d’un corps, la religion, qui est la première de ses obligations, doit évidemment s’adresser à son être tout entier. De même que l’âme est unie au corps et lui communique la vie, ainsi, dans la vie de l’homme, les dispositions intimes et l’activité propre de l’âme ont besoin de s’exprimer au dehors. Selon les lois de la nature, l’intérieur dépend de l’extérieur, et toujours on a cherché à agir sur l’âme par le moyen d’objets sensibles. L’uniforme rappelle au soldat les devoirs qui l’unissent à ses compagnons : certains signes extérieurs lui rappellent la soumissions qu’il doit à ses chefs ; la croix d’honneur qu’il est si fier de porter sur sa poitrine est le symbole de l’esprit de son état. Ainsi la religion, lorsqu’elle est véritable, s’aide des pratiques extérieures. Elle s’adresse à tout l’homme, parce que l’homme tout entien appartient à Dieu. Sans doute, les dispositions de l’âme priment tout ; mais l’expérience nous apprend que la religion intérieure, chez ceux qui n’accordent rien à la pratique extérieure, se réduit en général à quelques impressions vagues, à quelques sentiments éphémères. La sève d’un arbre se manifeste au dehors par son feuillage, ses fleurs ou ses fruits. De même, il est naturel à l’homme, que la religion inspire, d’exprimer par des actes extérieurs ce qui se passe au fond de son âme.

Partout et toujours on a vu les hommes, sous l’empire et dans le sentiment de leurs devoirs et de leurs droits réciproques, se constituer en société civile et fonder l’État. De même, ils tendent à s’organiser en société religieuse. Nulle religion n’est pratiquement possible sans une constitution et une hiérarchie.

 

III. Le premier de tous les besoins de l’homme, le plus sacré de tous les devoirs, est donc d’avoir de la religion, c’est à dire, de se donner et de se dévouer à Dieu.

Vous êtes obligé d’avoir de la religion : premièrement parce que vous êtes la créature de dieu, que par conséquent vous lui appartenez tout entier et ne trouverez de bonheur qu’en lui seul ;   secondement, parce que  vous êtes obligé de faire pénitence des nombreux péchés que vous avez commis, que vous êtes encore exposé à en commettre et courez par conséquent risque de vous perdre ; troisièmement, parce que Dieu, dans son amour infini et à cause des mérites de Jésus-Christ, a conçu de grands desseins sur vous pour le temps et pour l’éternité, et qu’il vous a témoigné son amour d’une manière ineffable en vous donnant son divin Fils ; quatrièmement, enfin, parce que Dieu, votre Maître et Seigneur, vous en a imposé l’obligation.

 

L’homme n’a pas été fait pour la terre ; c’est la terre qui a été faite pour l’homme, et l’homme a été fait pour Dieu. Tel est l’ordre immuable. –l’homme, tout indépendant qu’il se  proclame, a  toujours un culte : ou il se divinise lui-même, c’est l’orgueil ; ou il tombe sous la domination d’un homme, comme lui, qui lui semble supérieur à lui, c’est la servitude ; ou il ne vit que pour les biens de cette terre, c’est la jouissance plus ou moins  grossière ; ou enfin c’est à son Créateur et à son Dieu qu’il réserve tous ses hommages. Quel est de tous ces cultes celui qui vous paraît le plus noble, le plus digne de vous ?

 

Celui qui ne se tourne par vers Dieu,  se prépare à lui-même, dès ici-bas, plus de maux que tous ses ennemis ensemble ne pourraient lui en faire subir. Et que lui réserve l’avenir, au moment, si proche de lui, où s’évanouira le rêve furtif de cette vie ? J’en conviens, vous êtes sur la terre pour faire votre carrière, acquérir une position honorable et remplir de votre mieux tous les devoirs que cette position vous impose ; mais, après tout, votre vocation terrestre n’a qu’une importance secondaire : ce qui importe souverainement, c’est l’intention qui anime vos actes, c’est l’attitude de votre âme en présence de son Créateur et de son Maître suprême. Au dernier jour, quand Dieu jugera le monde il ne vous sera pas demandé si vous avez été un  grand savant, un fonctionnaire actif et zélé, un homme d’affaires capable, si vous avez été riche ou indigent, si vous avez travaillé avec ou sans succès matériel ; mais seulement si vous avez cherché et aimé la sainte volonté de Dieu, si vous avez pratiqué avec courage et constance tout ce qu’elle vous proposait, si vous avez eu horreur du vice et si vous avez pris soin, dans la mesure de vos forces, des âmes dont le salut dépendait de vous, ainsi que le voulait la divine Providence. Oui c’est sur tous ces points que l’éternelle justice prononcera votre sentence, et c’est après qu’ils auront été examinés que vous entrerez à jamais dans l’un ou l’autre des chemins d’outre-tombe : celui de l’enfer ou celui du ciel. On meurt  comme on a vécu, et l’on reste éternellement ce que l’on était au moment de sa mort.

 

L’homme, dans la société humaine, représente la prudence, la force, l’énergie. C’est à lui surtout qu’incombe le devoir de résister avec intrépidité, partout et toujours, aux ennemis de Dieu ; c’est à lui d’employer son activité, son influence, à encourager ce qui est bon, à maintenir en toute chose l’ordre voulu par Dieu. Voilà son honneur véritable et telle est sa mission.

Plus l’homme est cultivé, plus la religion lui est indispensable, car rien ne favorise davantage les plus bas instincts de notre nature qu’une éducation sans Dieu, et rien n’est plus propre que l’irréligion à développer l’orgueil.

L’homme, placé par Dieu sur la terre a encore un autre devoir : celui de rendre d’autres hommes heureux. Plusieurs sont choisis par Dieu pour être ses prêtres, les instruments de sa grâce, afin que , par leur ministère, le salut qui vient de lui soit accordé à un plus grand nombre d’âmes. Heureuse et sublime vocation, partage des privilégiés ! Avec quel empressement les parents ne devraient-ils pas répondre à l’appel du ciel, quand il daigne réclamer pour son service les meilleurs et les plus distingués de leurs enfants !

 

La mission du père de famille a aussi sa grandeur et sa noblesse. Le père, qui prend soin de la prospérité temporelle des siens, mais avant tout de leur salut éternel est ici-bas l’image visible du Père céleste. Son poste est vraiment un poste d’honneur. Mais, en même temps, quelle grave responsabilité pèse sur lui !

 

Ce qui met l’homme au-dessus de tous les êtres créés, ce n’est donc point la force matérielle ni l’ardeur irréfléchie et passionnée qui le pousse vers des plaisirs ou des honneurs qui n’ont jamais satisfait personne ; c’est bien plutôt ce libre et fier regard de son intelligence, qui, sans s’arrêter à ce qui passe, se fixe et se repose dans sa fin dernière ; ce sentiment du devoir, intrépide et vaillant, qui est fondé sur Dieu et sur les droits sacrés de Dieu, et n’a rien autre chose en vue que Dieu seul, but suprême de toute créature, de toute activité, seul bien digne de posséder souverainement son cœur parmi les petitesses et les vulgarités de cette vie : c’est la religion.  

 

Mais la religion de l’homme est exposée à des dangers tout particuliers et très redoutables, surtout au temps où nous vivons. C’est pourquoi, si vos intentions sont droites, vous vous sentez sans doute pressé de chercher la lumière, la force et le salut. Où les trouverez-vous, sinon dans les ressources admirables que la paternelle bonté de Dieu a mises à votre disposition ? Ce petit livre a été composé pour vous éclairer et vous instruire. C’est un guide qui s’offre à vous pour vous montrer le chemin :  Prenez et lisez !

 

IV. C’est surtout à l’homme qu’il appartient d’être religieux.

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