EXPLICATION DE LA PREMIÈRE PARTIE

Par Mgr. Donald J. Sanborn

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1. Quel problème le Concile Vatican II pose-t-il ?

Le Concile Vatican II a enseigné des doctrines qui avaient déjà été condamnées par l'Église et il a promulgué des disciplines qui sont contraires à l'enseignement et à la pratique constante de l'Église.

 

2. Quelles doctrines a-t-il enseigné qui étaient déjà condamnées ?

Il a enseigné quatre erreurs majeures : (1) concernant l'unité de l’Église ; (2) concernant l'œcuménisme ; (3) concernant la liberté religieuse ; (4) concernant la collégialité.

 

3. Quelle fausse doctrine enseigne-t-il concernant l'unité de l’Église ?

Vatican II enseigne l'hérésie concernant l'unité de l’Église, à savoir que l’Église du Christ n'est pas exclusivement identifiée avec l’Église Catholique, mais subsiste simplement en elle. Cette doctrine hérétique est contenue principalement dans Lumen Gentium et sa signification hérétique est confirmée dans les déclarations de Paul VI et de ses successeurs, en particulier dans le Code de Droit Canon de 1983, dans la Déclaration de 1992 relative à l’Église et à la communion, et dans le Directoire œcuménique.

Elle est contraire à l'enseignement de l’Église Catholique, contenu principalement dans Satis Cognitum du Pape Léon XIII, Mortalium Animos du Pape Pie XI, Mystici Corporis du Pape Pie XII et dans les condamnations de la « théorie des branches » portée par le Saint-Office sous le Pape Pie IX.

 

4. Quelle fausse doctrine enseigne-t-il concernant l'œcuménisme ?

L'enseignement de Vatican II sur l'œcuménisme, qui stipule que les religions non Catholiques sont un moyen de salut, est ouvertement hérétique. Cette doctrine contredit directement l'enseignement de l’Église selon lequel il n'y a pas de salut hors de l'Église Catholique, enseignement que le Pape Pie IX qualifiait de dogme catholique le plus connu. En outre, les pratiques œcuméniques qui ont résulté de cette doctrine hérétique sont directement contraires à Mortalium Animos du Pape Pie XI.

 

5. Quelle fausse doctrine enseigne-t-il concernant la liberté religieuse ?

L'enseignement de Vatican II sur la liberté religieuse, contenue dans Dignitatis Humanae, affirme presque mot pour mot la même doctrine qui a été condamnée par le Pape Pie VII dans Post Tam Diuturnas, par le Pape Grégoire XVI dans Mirari Vos, par le Pape Pie IX dans Quanta Cura et par le Pape Léon XIII dans Præstantissimum Libertas. L'enseignement de Vatican II sur la liberté religieuse contredit également la royauté de Jésus-Christ sur la société tel qu'elle est exprimée dans Quas Primas du Pape Pie XI et l'attitude et la pratique constantes de l'Église à l'égard de la société civile.

 

6. Quelle fausse doctrine enseigne-t-il concernant la collégialité ?

L'enseignement du Concile Vatican II concernant la collégialité altère la constitution monarchique de l’Église Catholique, dont elle a été dotée par le Divin Sauveur. La doctrine de Vatican II, confirmée par le Code de Droit Canon de 1983, qui affirme que le sujet (le possesseur) de l'autorité suprême de l’Église est le collège des évêques en communion avec le Pape, est contraire à la doctrine définie aux Conciles de Florence et de Vatican I.

 

7. Quels problèmes la nouvelle Messe et les changements liturgiques qui ont été promulguées depuis Vatican II soulèvent-ils ?

Les modifications liturgiques de Vatican II reflètent les erreurs doctrinales que je viens de mentionner.

La nouvelle liturgie est une liturgie œcuménique et cherche à effacer toutes les doctrines qui sont nettement catholiques et à détourner la liturgie catholique en une forme de culte qui ne serait pas offensant pour les Protestants. Elle est centrée sur l'homme et est dépouillée de tout symbolisme surnaturel. L'Ordo Missae de Paul VI introduit une mauvaise discipline liturgique, parce que

(1) il contient une définition hérétique de la Messe ;

(2) il a été composé dans le but exprès d'instaurer une liturgie œcuménique, agréable pour les Protestants, dépouillée des vérités catholiques concernant le Sacerdoce, le Saint Sacrifice de la Messe et la présence réelle du Christ dans la Sainte Eucharistie ;

(3) il a été écrit avec l'aide et la participation de six pasteurs protestants, ce qui montre l'esprit hérétique dans lequel il a été conçu et formulé ;

(4) ses auteurs ont systématiquement supprimé de ses prières et doctrines les leçons qui seraient offensantes pour les hérétiques ;

(5) il enseigne, à la fois par ses omissions, par son symbolisme et par ses expressions, des hérésies et des erreurs concernant le Sacerdoce, le Saint Sacrifice de la Messe et la présence réelle du Christ dans la Sainte Eucharistie. En outre, il n’est probablement pas valide en raison d'un défaut d'intention qu'il provoque chez celui qui le célèbre, et en raison d’une altération blasphématoire de la parole du Christ dans la formule de consécration, dite en langue vernaculaire.

 

8. Quel problème les disciplines émanées de Vatican II posent-elles ?

Le Code de Droit Canon de 1983 contient l'hérésie de Vatican II sur l’Église, mentionnée ci-dessus. Il permet aussi le sacrilège au Saint-Sacrement, en approuvant sa réception par les non-Catholiques, ce qui est un péché mortel, et en autorisant la communicatio in sacris [la participation active des Catholiques au culte de religions non-catholiques] avec les non-Catholiques, ce qui est également un péché mortel. En outre, le Directoire œcuménique de 1993 permet des pratiques œcuméniques qui ont toujours été considérées comme des péchés mortels par l’Église.

 

9. Que signifie tout cela ?

Cela signifie que du concile Vatican II et de ses réformes ultérieures est née une nouvelle religion, une religion qui est sensiblement différente de la Foi Catholique fondée par le Christ. Les réformateurs ont considérablement modifié les trois principaux constituants de la religion : la doctrine, le culte et la discipline. Le résultat en est que les réformateurs font la promotion d'une religion de l'œcuménisme à la place de la religion Catholique romaine, qui a toujours enseigné qu’elle seule est l'unique et véritable Foi, et que toutes les autres religions sont fausses. La religion de Vatican II enseigne des doctrines qui ont été condamnées par l’Église dans le passé. Elle a mis en place des rites et des disciplines de nature protestante. En conséquence, la religion que les Catholiques trouvent dans leurs paroisses et écoles, bien que nominalement Catholique, est une nouvelle religion non-Catholique déjà condamnée par l'Église Catholique.

 

10. Ne donnez-vous pas une mauvaise interprétation de Vatican II ?

Non. La nature hérétique de ce concile est confirmé par :

(1) l'interprétation donnée à la doctrine du Concile Vatican II par Paul VI et ses successeurs dans leurs décrets, encycliques, catéchismes, etc. ;

(2) la série des abominations perpétrées par Jean-Paul II contre le premier commandement de Dieu, sous forme de cérémonies œcuméniques, qui constituent des faux cultes, et même dans certains cas à des divinités païennes ;

(3) la modification de la sainte Liturgie de telle manière que la Messe Catholique a été remplacée par un service de repas protestant;

(4) l'altération de la matière et de la forme des Sacrements de sorte que beaucoup d'entre eux mais plus particulièrement l'Eucharistie et les Ordres sacré sont entachés de doute ou d'invalidité ;

(5) la promulgation de disciplines, notamment le Code de Droit Canon de 1983 et le Directoire œcuménique , qui acceptent le sacrilège contre l'Eucharistie et contre le sacrement du mariage, et qui placent comme leur fondement théorique des hérésies concernant l'unité de l’Église ;

(6) la ridiculisation scandaleuse du Sacrement de mariage par l'octroi d’annulations pour des raisons fallacieuses, constituant un abandon de la doctrine sacrée de l'indissolubilité du mariage ;

(7) les déclarations hérétiques de Ratzinger, à la fois sous Jean-Paul II et après sa propre élection comme 'pape' Benoît XVI, sur la nature et l'unité de l’Église.

 

11. Si ce que vous dites est vrai, qu'en est-il alors des papes de Vatican II ?

Il en résulte qu'il est impossible qu'ils soient de vrais Papes Catholiques.

 

12. Pourquoi ne peuvent-ils pas être de vrais Papes Catholiques et de vrais évêques Catholiques ?

Ils ne peuvent pas être vrais Papes Catholiques, car il est impossible que l'autorité de l'Église Catholique romaine, qui est l'autorité du Christ, donne à l’Église universelle de fausses doctrines, de fausses pratiques liturgiques et de fausses disciplines.

13. Pourquoi l'autorité de l'Église Catholique romaine ne peut-elle donner à l’Église universelle de fausses doctrines, de fausses pratiques liturgiques et de fausses disciplines ?

Précisément parce qu'elle est l'autorité du Christ. Le Pape est assisté par le Saint-Esprit dans la promulgation du dogme et de la morale et dans la promulgation des lois liturgiques et des disciplines pastorales. De la même manière qu'il est inimaginable que le Christ puisse promulguer ces erreurs ou promulguer ces disciplines pécheresses, de la même manière il est inimaginable que l'assistance qu'Il donne à l'Église par le Saint-Esprit puisse permettre de telles choses. Par conséquent, le fait que les Papes de Vatican II aient entrepris ces choses est un signe certain qu'ils n'ont pas l'autorité du Christ.

Les enseignements de Vatican II et les réformes qui en procèdent sont contraires à la Foi et ruinent notre salut éternel. Mais puisque l’Église est à la fois indéfectible et infaillible, elle ne peut donner à ses fidèles des doctrines, des lois, une liturgie et des disciplines qui soient contraires à la Foi et ruinent notre salut éternel. Nous devons donc conclure que ce Concile et ces réformes ne procèdent pas de l’Église, c’est-à-dire du Saint-Esprit, mais d'une mauvaise influence au sein de l’Église. D'où il suit que ceux qui ont promulgué ce mauvais Concile et ces mauvaises réformes ne les ont pas promulguées avec l'autorité de l'Église, qui est l'autorité du Christ. De cela, nous concluons légitimement que leur revendication de cette autorité est fausse, malgré les apparences, en dépit même d'une élection apparemment valide à la papauté.

 

14. Avons-nous le pouvoir de dire que ces Papes de Vatican II ne sont pas vrais Papes ?

Nous n'avons pas le pouvoir de le déclarer légalement. Mais d'autre part, en tant que Catholiques, nous avons l'obligation de comparer ce qui est enseigné par le Concile Vatican II avec l'enseignement de l'Église Catholique. La vertu de Foi exige que nous le fassions, car la Foi est la sagesse surnaturelle et par conséquent demande que tout soit en conformité avec elle. Si nous n'avions pas fait cette comparaison, nous n'aurions pas la vertu de Foi. Si nous constatons que les enseignements de Vatican II ne sont pas en conformité avec l'enseignement de la Foi Catholique, nous sommes obligés de rejeter Vatican II, et obligés de conclure que ceux qui le promulguent n'ont pas l'autorité du Christ. Sinon, notre adhésion à l'erreur qui est contraire à la Foi serait la ruine de la vertu en nous, et nous deviendrions hérétiques. De même, si l'on accepterait l'idée que l’Église Catholique a été en mesure de promulguer de fausses doctrines, un mauvais culte et de mauvaises disciplines, nous serions hérétiques.

Donc, conclure en privé que Benoît XVI est un hérétique, voire un apostat de la Foi, n'est pas « juger » le Pape au sens où il faut entendre des canonistes et des théologiens. En fait, si l'on ne pouvait même pas penser à la possibilité que le Pape est un hérétique, alors pourquoi de nombreux théologiens parlent-ils de cette possibilité et de ses conséquences ?

 

15. Mais pourquoi ne pouvons-nous passer au crible ce que le Pape fait et dit, accepter ce qui est Catholique et rejeter ce qui est non Catholique ?

Parce que si Benoît XVI est le Pape, nous devons lui obéir. Même admettre la possibilité qu'il puisse promulguer de fausses doctrines et promulguer de mauvaises disciplines universelles est en soi une hérésie contre l'enseignement que l’Église Catholique qui est infaillible dans ces questions. Il est inconcevable que, en suivant les enseignements de l’Église universelle ou ses disciplines universelles, nous puissions être égarés et aller en enfer. Si cela était possible, il faudrait conclure que l’Église Catholique romaine n'est pas la véritable Église, mais une institution humaine, comme toutes les autres fausses églises.

En outre, passer au crible les enseignements de l'Église reviendrait à se mettre à la place du Pape, car notre adhésion à ces enseignements ne serait pas fondée sur l'autorité de l'Église, mais plutôt sur notre propre « criblage » de ces enseignements.

 

16. Mais si votre père vous dit de faire quelque chose de mal, vous devez lui désobéir. Il n’en reste pas moins votre père.

Tout d'abord, être le père naturel de quelqu'un n’est pas susceptible de changement car reposant sur une génération physique. En revanche, être le père spirituel de quelqu'un est susceptible de changement car reposant sur une génération spirituelle. D'où un Pape peut démissionner et ne plus être le père spirituel des Catholiques. Donc, l'analogie ne s'applique pas.

Mais plus important encore, cet argument, qui est fréquemment utilisé par la Fraternité Saint-Pie X, ne tient pas la route pour une autre raison. Si un Pape donnait à une personne en particulier un ordre mauvais (par exemple, profaner un crucifix), l'argument s'appliquerait. En effet, en en pareil cas, le Pape n’engagerait pas toute la pratique de l’Église, et donc n'engagerait pas l'indéfectibilité de l'Église. Mais s'il promulguait une loi générale stipulant que tous les Catholiques doivent profaner le crucifix, alors l'indéfectibilité de l’Église serait engagée. Car comment l’Église du Christ pourrait elle promulguer une telle loi ? Ne mènerait-elle pas alors toutes les âmes en enfer ?

Le fait que Benoît XVI ait fait des lois générales qui prescrivent ou autorisent même le mal est une violation de l'indéfectibilité de l’Église. C'est pourquoi l'argument de la Fraternité ne peut être appliqué à la crise actuelle de l’Église.

 

17. Mais que faire si nous ne sommes pas sûr que Vatican II soit erroné et que Benoît XVI soit ou non Pape ?

Dans un tel doute, vous devriez donner l’avantage au bénéfice du doute. Vous auriez alors à embrasser tous les enseignements de Vatican II, la nouvelle liturgie, et les nouvelles disciplines. Vous seriez également obligé de reconnaître Benoît XVI comme un vrai Pape Catholique.

 

18. La question de la papauté de Benoît XVI n’est-elle pas une simple question d'opinion ?

Absolument pas. Notre salut éternel dépend de notre soumission au Pontife romain. Par conséquent, la question de la papauté de Benoît XVI est d'une importance suprême, et nous devons apaiser nos consciences à ce sujet d'une façon ou d'une autre. Si nous concluons que le Concile Vatican II est en contradiction avec l'enseignement de l’Église, alors nous devons refuser de reconnaître Benoît XVI comme vrai Pape. En revanche, si nous concluons que l'enseignement de Vatican II ne constitue pas une modification substantielle de la Foi catholique, alors nous devons reconnaître Benoît XVI comme un vrai Pape et suivre ce qu'il nous ordonne de faire. Un catholique qui ne se soucie pas de savoir s'il est ou non Pape n'a pas du tout l'esprit catholique. Au contraire, c'est un état esprit de schisme et de rejet de l'autorité. Durant le Grand Schisme d’Occident, pendant lequel il y a eu trois prétendants au trône pontifical, Saint Vincent Ferrier a condamné ceux qui étaient indifférents quant à savoir qui était le vrai Pape.

 

19. Y a-t-il eu des situations similaires dans l'histoire ?

En 428, le patriarche Catholique de Constantinople avait épousé l'hérésie selon laquelle Notre Dame n'était pas la Mère de Dieu. Après qu’il l’eût prêchée en chaire, le peuple Catholique déclara qu’il n’aurait désormais rien en commun avec lui et qu’il n’assisterait plus à ses Messes, disant : « Nous avons un empereur, mais plus d’évêque. » Et cela se passa avant qu’il ne soit officiellement excommunié par l'Église. Bien que cette affaire concerne un évêque et non pas un Pape, le principe est le même : la promulgation de l'hérésie est incompatible avec la possession de l'autorité du Christ sur le troupeau. Si c'était vrai pour ce Nestorius évêque, il l'est d'autant plus pour celui qui a la garde de tout le troupeau.

20. Un Pape nous a-t-il déjà mis en garde de la possibilité qu’un hérétique occupe le trône de Pierre ?

Le Pape Paul IV en 1559, craignant qu’un protestant ne soit élu au trône pontifical, a enseigné solennellement que si une personne élue Pape avait dévié de la Foi Catholique ou était tombé dans quelque hérésie, son élection devait être considérée comme nulle, juridiquement sans valeur et non avenue. Il a en outre décrété que cette personne ne devrait pas être considérée comme Pape même s'il avait pris possession de son office, s’il avait été intronisé et s’il avait reçu la vénération et l'obéissance de tous les fidèles.

RÉPONSES AUX OBJECTIONS PART I

 

Des traditionalistes objectent à la première partie de la Thèse, nous les classifions ainsi :

Les indultistes

La résistance la plus chétive au sein des traditionalistes est celle de la Messe de l’Indult, celle des congrégations qui ont la permission d’utiliser la Messe traditionnelle, comme la Fraternité Saint Pierre. Les indultistes acceptent Vatican II et ses nombreux changements comme catholiques et légitimes, mais préfèrent simplement les traditions de l’Église Catholique car elles sont “meilleures”. Ils n’ont clairement aucun problème avec la papauté de François puisqu’ils réduisent leur résistance à une simple préférence, et ne voient aucune défection de la Foi Catholique, de la morale ou de la discipline dans Vatican II ou François.

Les lefebvristes

 

Nous trouvons ensuite les lefebvristes, la Fraternité Saint Pie X. Ils voient bien la défection de la Foi Catholique, de la morale et de la discipline dans Vatican II et François. Par conséquent, ils ont établi un apostolat parallèle contre la volonté de celui qu’ils prétendent être le Saint Père, et ont été [un temps] excommuniés par lui. Par conséquent, ils ont un problème théologique à résoudre concernant la papauté. Ils le résolvent de cette façon : ils disent que, bien que François soit le pape, ils ne lui obéiront pas dans tout ce qui est contraire à la Foi Catholique, à la morale ou à la discipline. Ils se réfèrent à la Tradition, qu’ils disent au-delà et au-dessus du Pontife Romain.

1) Est erronée la thèse qui attribue aux fidèles le droit d’accuser celui qui a été élu à la papauté de ne pas vouloir le bien de l’Église, puisque ce droit revient seulement à l’autorité compétente. Or, la Thèse attribue aux fidèles le droit d’accuser celui qui a été élu à la papauté de ne pas avoir l’intention de faire le bien de l’Église. Donc la thèse est erronée.

Réponse : Je distingue la majeure : Il n’appartient pas aux fidèles mais à l’autorité compétente d’accuser légalement celui qui a été élu à la papauté de ne pas avoir l’intention de faire le bien de l’Église. Je concède. Il n’appartient pas aux fidèles mais à l’autorité compétente d’accuser en tant que personne privée celui qui a été élu à la papauté de ne pas vouloir faire le bien de l’Église. Je nie. Et je contre-distingue la mineure : la Thèse [attribue aux fidèles le droit d’accuser] légalement celui qui a été élu à la papauté de ne pas vouloir faire le bien de l’Église, je nie ; en tant que personne privée, je concède. Et je nie la conclusion. Les fidèles n’ont pas le droit de condamner légalement un élu à la papauté, ils ont seulement la possibilité de donner un jugement privé en comparant les innovations du Concile Vatican II avec le magistère et la praxis précédente. La raison en est que les fidèles ne peuvent donner leur assentiment à des principes contradictoires. Puisque le magistère du Concile Vatican II contredit le magistère précédent, les fidèles ne peuvent pas ne pas accuser, par jugement privé, celui qui promulgue ce “magistère” comme les fidèles de Constantinople accusèrent Nestorius.

 

2) Est erronée, et même a un caractère protestant, la thèse qui attribue aux fidèles le droit d’examiner par jugement privé les actes et le magistère d’un concile général ou du pape. Or dans la Thèse que vous soutenez, les fidèles examinent par jugement privé les actes et le magistère d’un concile général ou du pape. Donc la Thèse est erronée, et a un caractère protestant.

 

Réponse : Je distingue la majeure: les fidèles n’ont pas le droit d’examiner par jugement privé les actes et le magistère d’un concile général ou du Pape en tant qu’eux (les fidèles) peuvent ne pas donner leur assentiment au magistère de l’Église. Je concède. En tant qu’ils ne peuvent pas comparer le magistère avec le magistère précédent, je nie. Et je contre-distingue la mineure et je nie la conclusion. Les fidèles, de fait, doivent faire la comparaison, parce que la Foi Catholique est une seule et toutes ses vérités sont cohérentes entre elles. La vérité naturelle ne peut pas non plus supporter la contradiction parce que ce n’est pas concevable ; et plus encore la contradiction répugne à la vérité surnaturelle et à l’habitus surnaturel avec lequel on donne son assentiment à ces vérités.

 

3) S’il y a contradiction entre le magistère de Vatican II et le magistère précédent les fidèles doivent présumer que la contradiction est seulement apparente et non réelle. Or d’après votre Thèse les fidèles n’ont pas cette présomption. Donc la Thèse est erronée.

 

Réponse : Je nie la majeure parce qu’elle est absurde. Il est métaphysiquement impossible de donner son assentiment à deux normes dogmatiques contradictoires entre elles. Donc les fidèles ne peuvent pas donner leur assentiment au magistère du Concile Vatican II et en même temps approuver le magistère précédent parce qu’ils se contredisent. Donc, pour que les fidèles donnent leur assentiment en même temps aux deux magistères il faudrait qu’ils interprètent avec leur jugement privé l’un ou l’autre acte de magistère afin qu’ils deviennent cohérents. Mais de cette manière la notion même de magistère est détruite puisque les fidèles en se basant sur leur jugement propre perdent le motif surnaturel d’adhésion au magistère. En outre, chacun des fidèles donnerait son interprétation et tomberait facilement dans l’erreur. Et même, les fidèles ne peuvent pas établir avec leur juge ment personnel si une contradiction dans le magistère est apparente ou réelle, mais ils ont un seul devoir à propos de la contradiction : adhérer au magistère antécédent et repousser la doctrine qui le contredit. Interpréter le magistère revient seulement au magistère et non aux fidèles.

 

4) Ceux qui acceptent la Thèse et les sédévacantistes en général, sont semblables aux “Vieux Catholiques” qui accusaient le Concile Vatican I de se détacher de la tradition de l’Église en promulguant la doctrine de l’infaillibilité pontificale.

 

Réponse : Il n’y a aucune analogie entre les Vieux Catholiques et les catholiques d’aujourd’hui qui refusent les erreurs du Concile Vatican II. La raison en est que personne ne peut trouver dans le magistère de l’Église la condamnation de l’infaillibilité pontificale. Si les Vieux Catholiques avaient pu trouver dans le magistère précédent que la doctrine de l’infaillibilité du Pontife est appelés “délire” ou condamnée comme “doctrine perverse” ou “réprouvée, proscrite et condamnée” par l’autorité apostolique du Pape précédent, alors à raison ils auraient refusé cette doctrine nouvelle et contradictoire. C’est en effet avec ces mots que Pie IX a condamné la doctrine de la liberté religieuse. Il est évident que ces mots n’ont jamais été prononcés avec référence au dogme de l’infaillibilité pontificale. Donc la comparaison ne vaut pas.

 

5) Ceux qui acceptent la Thèse et les sédévacantistes en général, sont semblables aux partisans du Père Feeney qui interprétait à sa façon la doctrine selon laquelle il n’y a pas de salut en dehors de l’Église.

 

Réponse : Ce sont plutôt ceux qui donnent une interprétation bienveillante au Concile Vatican II qui sont semblables au Père Feeney : ils n’essayent pas d’interpréter le Concile Vatican II selon le magistère de ceux qui l’ont promulgué mais donnent à ce Concile une interprétation propre qui diffère de celle qui lui a été donnée par le “magistère” de Paul VI et de Jean-Paul II. Interpréter, en effet, n’est rien d’autre que découvrir la pensée ou l’intention de l’auteur. Mais l’auteur du magistère est celui qui enseigne. Donc Jean-Paul II est l’authentique interprète du magistère du Concile Vatican II. Autrement quand l’Église promulgue un document les fidèles tomberaient dans une interprétation personnelle du magistère et chacun adopterait une interprétation propre suivant son opinion personnelle. Au contraire seul le magistère est l’authentique interprète du magistère et l’Église enseignée n’a pas le droit de l’interpréter de manière personnelle. En outre l’interprétation que Jean-Paul II donne du magistère du Concile Vatican II est hétérodoxe non seulement dans les mots mais aussi dans les faits. Donc c’est justement que les Catholiques repoussent ce magistère.

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